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Histoire de la conquête et de la fondation de l'empire anglais dans l'Inde

by Auguste Théodore Hilaire Barchou de Penhoen (baron)

Excerpt:

sur la côte de Coromandel avaient suivi une marche analogue. Peu à peu les diverses nations de l'Inde, prenant part à la querelle, descendent comme auxiliaires sur le champ de bataille. Le moment ne tardera pas où ce sera pour leur propre compte qu'elles y viendront verser leur sang. Les races primitives de l'Inde, les conquérants mogols, les descendants de Timour et de Baber, Hyder et Tippoo, fondateurs d'empire, les petits-fils de Sevajee, autre fondateur et conquérant, se présentent tour à tour devant l'épée de l'Angleterre. Par un phénomène propre à l'Inde, des peuples tout nouveaux se forment tout-à-coup, surgissent de terre en quelque sorte pour le combattre. Mais elle a pris dès le début un ascendant qui ne lui sera point enlevé. Parti de Londres comme simple écrivain, Clive gagne des batailles, s'empare du Bengale,deBahar etd'Orissa, trois de plus riches provinces de l'Inde. Warren Hastings, esprit ferme, vaste et lumineux, conserve ces précieuses conquêtes, tâche plus difficile peut-être que de lesavoir accomplies. Puis vientWellesley, frère aînédu duc de Wellington, qui dans les champs de la renommée pourrait peut-être conserver son droit d'aînesse, et qui achève l'œuvre de Clive et de Hastings. Alors, grâce à ces grands hommes, qu'elle n'a d'ailleurs que trop long-temps méconnus, l'Angleterre règne en souveraine, en

maîtresse, de l'extrémité de la presqu'île au pied de l'Himalaya. Les rives de l'Indus et du Gange reconnaissent les mêmes lois que la Tamise et la Clyde. Les disciples du Christ se rencontrent dans les plaines de l'Indostan à côté de ceux de Mahomet et de Brahma. La civilisation moderne, la dernière venue, le résumé de toutes les civilisations antérieures, se mêle d'un bout à l'autre de la Péninsule Indoue avec la civilisation la plus ancienne du monde, avec celle dont toutes les autres sont sorties. L'Europe elle-même se trouve là pour ainsi dire avec toute sa puissance, avec tous ses moyens d'action, l'industrie, la presse, l'organisation militaire. C'est le présage irrécusable d'une nouvelle évolution dans l'histoire du monde.

Peut-être y aurait-il lieu de s'étonner qu'en dépit de son importance ce sujet ait échappé jusqu'à présent à la plume de nos écrivains. Il faut sans doute en chercher la cause dans la situation intérieure du pays. Les peuples en révolution ne s'occupent que de leurs propres affaires, du moment où ils vivent de l'espace où s'exerce leur activité. Oublieux du passé, incertains de l'avenir, leur attention concentrée sur eux-mêmes les fait ressembler aux peuples primitifs ; comme pour ces derniers, leur propre histoire est l'histoire universelle, le monde la contrée qu'ils habitent. Les idées, les intérêts qui

ont produit ces grands cataclysmes sociaux ou qui en sont nées suffisent, dans la période qui les suit, à occuper exclusivement la plume des écrivains, l'attention des hommes d'État. Ainsi en a-t-il été pour nous pendant bien des années. Les champs de bataille où se débattaient nos destinées renfermaient pour nous le monde tout entier. Plus tard, la tribune et la presse périodique ont captivé toute notre attention, dévoré toute notre activité. Le progrès naturel des choses semble devoir amener quelque modification à cette disposition des esprits. Le moment paraît venu où nous pouvons enfin sortir de nous-mêmes : l'indépendance nationale n'est plus menacée, ne saurait plus l'être; les idées pour lesquelles ont combattu nos prédécesseurs se sont réalisées, au moins dans ce qu'elles ont de plus essentiel. Long-temps isolés par la guerre, les peuples de l'Europe se rapprochent de plus en plus, tendent de jour eu jour à ne former qu'un tout; les mille liens du commerce, de l'industrie, de la communauté des langues ; les enchaînent sans cesse plus étroitement. D'un autre côté, la sphère d'activité de chacun d'eux tend à s'accroître presque indéfiniment. Déjà Londres, Saint-Pétersbourg, Paris, se touchent, sont en contact journalier: Constantinople et Alexandrie renferment les questions politiques les plus actuelles, les plus pies

santes pour nous ; encore quelques jours, ce sera à Bombay, Madras et Calcutta. Le moment semble donc venu pour le public français de se rendre compte des grands événements par suite desquels l'Orient va tout à l'heure se trouver mêlé à la politique européenne. Aussi nous sommes-nous résolus à tenter de lui en offrir le récit, au moins selon la mesure de nos forces. Quelques mots suffiront plus tard pour exposer l'importance de cette étude, soit pour la politique, soit pour la science européenne. Mais nous tâcherons d'abord d'esquisser comme un court résumé de cette grande histoire.

La série d'événements qui la composent peut se diviser en groupes distincts; en d'autres termes, l'empire se développe en cinq périodes séparées, qui se suivent et s'engendrent. Il traverse successivement cinq âges marqués chacun d'un caractère distinct, à chacun desquels il rencontre un obstacle qui l'arrête quelque temps, qu'il doit vaincre, qu'il doit surmonter avant de poursuivre le cours de ses destinées.

La première de ces périodes commence à l'arrivée des Anglais au Bengale; elle se prolonge jusqu'à l'acquisition, à la conquête de cette province ainsi que de celle de Bahar et d'Orissa.


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