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Histoire de la littérature française

by Désiré Nisard

Excerpt:

La fin du xvie siècle avait vu naître, de la double imitation des anciens et des Italiens modernes, un essai de comédie, où des traits de mœurs véritables et des indications de caractères se rencontrent parmi des scènes de nuit, des travestissements, des reconnaissances, dans un dialogue assaisonné d'obscénités. L'auteur de cet essai était un Champenois, Pierre de Larivey. La comédie des Esprits offre un caractère d'avare, tracé avec beaucoup de conduite, et dont Molière n'aurait pas dédaigné certains traits (1). Après cette pièce et d'autres du même genre, une nouvelle imitation, celle du théâtre espagnol, fait tomber de mode l'imitation de la farce italienne, et produit la tragi-comédie, où se distinguent, après Hardy et sur ses traces, les Théophile, les Scudéry, Racan, Rotrou et Corneille, avant d'être le grand Corneille.

Au moment où ce grand homme parut, trois genres d'ouvrages dramatiques défrayaient le théâtre : la tragédie, imitée des anciens; la tragi-comédie, imitée des Espagnols; la farce, imitée de l'italien. Quelques pièces pourtant s'intitulent comédies. Les intrigues de la tragi-comédie en font la matière ; la farce en fait l'assaisonnement.

Pour ne parler que de ces premières ébauches de comédies, au lieu de caractères, on y trouve

(1) Il faut lire le jugement que porte de Pierre de Larivey et de sa pièce M. Sainte-Beuve, dans son Histoire de la poésie du xvie siècle.

des situations ; au lieu des ridicules de la nature, des ridicules exagérés ou imaginaires; au lieu de personnages, les types de certaines professions, un docteur, un capitan, un juge; au lieu dela vraisemblance dans l'action, tout l'esprit de l'auteur employé à y manquer. Ce ne sont que rencontres impossibles, confusions de noms, générosités tombées du ciel; pardons où l'on attendait des vengeances; cachettes dans les murailles, derrière les tapisseries; aparté pour unique moyen des effets de scène ; un mélange grossier de traditions grecques et latines, espagnoles et italiennes; et, pour la part de la France, de gros sel gaulois, la seule chose qui ait quelque saveur dans cet amalgame.

Les situations, presque toujours les mêmes, tournent autour de quelque amour qui, d'amour défendu, devient légitime. Le premier cavalier venu, et la première dona jeune et jolie, sont les héros de ce roman. On ne songeait pas à leur donner des caractères; l'intérêt, dans ces sortes de pièces, ne consiste pas dans la contrariété du caractère et de la passion, mais dans les complications qui séparaient les deux amants. Les auteurs commençaient par imaginer une suite et une confusion singulière d'incidents : c'était là l'invention. Ils y jetaient ensuite des personnages de convention, lesquels n'appartenaient aux situations et n'en dépendaient par le lien d'aucun caractère marqué. Rien n'y est vraisemblable; et plus le spectateur est dépaysé, plus la pièce est heureuse. Il n'est pas jusqu'à l'architecture des maisons qui n'y soit de fantaisie. Il faut, pour ces jeux de situation, des murs perméables, et surtout une absence innocente et primitive de précautions, qui facilite ces entrées et ces sorties dont l'entre-croisement amusait tant le public espagnol.

Voilà ce que nos auteurs imitaient des Espagnols; ils leur empruntaient tout ce qui peut se prendre ; ils leur laissaient la verve d'un Lope de Vega, et tout ce qui échappe de vérités à un génie heureux, malgré son public et malgré luimême. Ils ne se doutaient pas, et je l'entends des plus habiles, que la comédie fût autour d'eux, à leur main, en eux. Quant au public, il n'avait pas été encore averti qu'il n'y a pas pour lui d'amusement solide sur la scène, s'il n'en est pas la matière, et qu'il faut qu'il porte la comédie au théâtre pour l'y trouver. Il perce pourtant, à travers tout ce factice de l'imitation espagnole, plus d'un trait de nature; et la grande beauté que la comédie devait tirer de la peinture des mœurs du temps s'annonce de loin par des allusions piquantes aux ridicules du jour. La farce, faut-il le dire? était plus près de la nation que la comédie : c'était une caricature fort exagérée, mais on pouvait y entrevoir l'original. La comédie, proprement dite, n'était qu'un jeu d'esprit dont s'amusaient, comme des enfants aux marionnettes, ceux qui devaient plus tard fournir la matière de la vraie comédie, le jour où un homme de génie devait la créer, en mettant le parterre sur la scène.


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