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Through the Looking Glass

Lewis Carroll


Further Adventures of an Irish R. M.

Edith Somerville and Martin Ross


Tao Te Ching

Lao Tzu, James Legge (trans.)


Theory of Colours

Johann Wolfgang von Goethe


La mythologie racontée aux enfants

by Jules Raymond Lame Fleury

Excerpt:

Eh bien! mes enfants, le tableau déjà si magnifique que nous offrent nos climats l'est encore bien davantage dans les contrées de l'Orient, c'est-à-dire dans les pays qui sont du côté où le soleil se lève. Là, toute l'atmosphère paraît enveloppée d'un voile de lumière; les flots de la mer, en s'agitant, semblent se couvrir d'étincelles; les regards sont frappés d'une riche végétation; une vapeur douce et rafraîchissante à la fois se glisse sous le feuillage des arbres; les fruits que l'on y cueille paraissent plus exquis, les moissons y sont plus abondantes, et non loin de là, comme pour mieux faire apprécier, par le contraste, les bienfaits dont la Providence a comblé cet heureux coin de la terre, s'étendent des marais fétides ou de vastes déserts

desséchés par le soleil, sans arbres, sans verdure, où jamais une goutte de pluie ne désaltère le sol, et sur lesquels soufflent par intervalle des vents violents qui soulèvent des montagnes de sable.

Aussi c'est dans l'Orient que l'aspect de cette nature si variée et si féconde a commencé à frapper les peuples qui n'avaient point, comme nous, le bonheur de connaître et d'aimer le vrai Dieu. Ces hommes, tout grossiers qu'ils étaient, comprirent bientôt que ces merveilles, qui leur paraissaient si sagement réglées, ne s'étaient pas créées d'elles-mêmes et ne se conservaient point par hasard; mais, comme ils étaient fort ignorants, ils imaginèrent que toutes les choses qui excitaient leur admiration étaient l'ouvrage de mille dieux différents.

Ce fut ainsi qu'ils se persuadèrent que la terre qui les nourrissait était une bonne déesse, mère commune de tous les hommes; que la mer n'était contenue dans son lit que par un dieu qui la gouvernait à sa volonté; que les fleuves qui arrosaient leurs prairies étaient autant de divinités bienfaisantes; que le soleil surtout, ce grand astre qui nous donne la lumière et fait mûrir les moissons, était le dieu suprême, dont la lune, avec son disque d'argent, devait être la femme ou la sœur. Enfin il n'y eut pas d'extravagances qu'ils ne s'imaginassent et qu'ils ne crussent fort raisonnables.

Une fois qu'ils eurent conçu cette idée, ils ne s'arrêtèrent pas là. Les bois, les champs, les profondeurs de la mer, les étoiles qui brillent au ciel et qui forment ce que l'on nomme des constellations, furent peuplés de divinités qu'ils multiplièrent ainsi à l'infini. Chaque arbre eut sa déesse qui devait vivre et mourir avec lui; chaque misseau fut consacré par une naïade ou nymphe de l'onde. Il y eut une déesse qui présidait aux fleurs, une autre aux fruits, un dieu pour les troupeaux. Enfin, il n'y eut bientôt plus un seul bienfait de la Providence qui ne se trouvât placé sous la protection de quelque divinité, à laquelle on se hâta de donner une figure et de consacrer des autels. Or, jusqu'alors, la reconnaissance seule avait créé des dieux, la crainte et la souffrance en inventèrent d'autres. On éleva des temples à la mort, à la peste, à la guerre, à la tempête, à tous les fléaux qui désolent l'humanité et ravagent le monde. On adora des dieux méchants, comme on avait adoré des dieux bons; le mal fut personnifié par un culte comme le bien l'avait été. Les arts, inventions de l'homme, eurent aussi leurs divinités tutélaires; puis les hommes eux-mêmes qui avaient rendu quelque service à leurs semblables, et enfin, dans quelques pays, certains animaux nuisibles ou utiles reçurent les honneurs divins. Bientôt chaque peuple imagina des dieux particuliers qu'il adorait à sa manière, de sorte qu'en peu de siècles, il y eut sur toute la terre une infinité de divinités de tout genre, auxquelles on offrit des sacrifices, et pour qui l'on dressa des temples.

A la vérité ces dieux-là, tout immortels que leurs adorateurs les supposaient, ne jouissaient pas pour cela d'une bien grande perfection. Ils étaient, comme nous autres hommes, sujets à la douleur, à la colère, à la faiblesse, à la maladie, au mensonge, à tous les défauts et à toutes les misères de notre pauvre espèce; on répétait sur eux toutes sortes de contes plus ridicules les uns que les autres, et dont le récit vous fera hausser les épaules, à vous qui n'êtes pourtant encore que des enfants.

C'est l'histoire de ces dieux différents, du culte qu'on leur rendait, de la figure sous laquelle ils étaient représentés, que l'on nomme la Mythologie, et que je veux vous raconter à présent, pour que vous puissiez mieux comprendre plus tard quelques-uns des récits que vous trouverez dans d'autres livres. Cette histoire-là ne sera point vraie, je vous en préviens, et on lui donne avec raison le nom de Fable; mais elle n'en est pas moins indispensable à connaître pour des enfants bien élevés, et je vous engage à l'écouter avec att:>ntion, parce qu'elle n'est pas moins instructive qu'amusante.


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