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Le tomahahk et l'épée

by Joseph Marmette

Excerpt:

^ —Qui vive!
—France.
—Le mot d'ordre?
—Canada.
—Passez.

Ces mots furent prononcés dans la nuit du 14 octobre de l'an de grâce 1690; et la sentinelle qui veillait au pied de la côte de Lamontagne, livra passage à trois hommes, des militaires, car leur épée relevait un pan de leur manteau, tandis que leur feutre à longue plume s'inclinait crânement sur l'oreille droite.

Le factionnaire leur ayant présenté les armes, ces derniers escaladèrent, tant bien que mal, un retranchement qui barrait en cet endroit la rue dans sa largeur, et continuèrent l'ascension de la montée.

Comme ils arrivaient au milieu de la côte, le cri d'une seconde garde arrêta de nouveau leur marche ; ils y répondirent et passèrent outre.

—Qui vive ! leur demanda une troisième sentinelle qui faisait faction à l'entrée de J la haute ville. *

—Vive Dieu! s'écria celui des trois arrivants qui venait de donner le mot de passe, il parait que l'on fait bonne garde en notre ville de Québec! France et Canada, mon brave.

—Monseigneur le Gouverneur ! murmura le soldat, en présentant les armes.

C'était en effet le comte de Frontenac, qui arrivait de Montréal avec le sieur François Le Moyne de Bienville. Leur i

compagnon était M. Provost, major de Québec, et qui commandait la ville en l'absence du gouverneur.

Vers le coucher du soleil, on avait averti le major que l'on voyait un canot descendre au loin le courant du fleuve et s'approcher de la ville. Pensant que ce pouvait être le comte de Frontenac qui venait dans cette embarcation, M. Provost était descendu à sa rencontre afin de le recevoir.

A peine le comte eut-il passé la porte de palissades qui séparait la haute ville de la basse, qu'il fut accueilli par de joyeux vivat. Les habitants venaient acclamer au passage celui qu'ils regardaient comme leur sauveur dans la situation critique où ils se trouvaient depuis quelques jours.

Quand il entra dans le château SaintLouis (ou château du Fort, comme on disait à cette époque), il y avait aussi là nombreuse réunion de notables tant civils que militaires ; car, grande était l'inquiétude des bons bourgeois de Québec, depuis qu'ils connaissaient l'arrivée d'une flotte anglaise dans le Saint-Laurent. Aussi s'étaient-ils portés en foule au château, quand ils avaient appris que M. le major s'était rendu à la basse ville pour y recevoir le gouverneur. On avait tellement confiance en son courage et en son expérience, que la seule présence du comte au milieu d'eux rassurait les esprits les plus alarmés.

Louis de Buade, comte de Frontenac, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, et gouverneur de la Nouvelle-France, avait alors soixante-dix ans ; on ne lui en aurait pas donné soixante, tant il était vert, actif et vigoureux encore. Figure martiale, maintien plein de distinction et de grâce, extérieur à la fois digne, imposant et sévère, il était le vrai type de ces gentilshommes français, moitié soldats, moitiés courtisans, qui brillaient alors au premier rang, tant à la cour qu'à l'armée du grand roi,

Son œil noir étincelait sous un front haut à peine sillonné de rides légères, tandis que son nez en bec d'aigle et ses lèvres minces qui commençaient à fuir le menton un peu trop proéminant, donnaient à l'ensemble de sa physionomie un air spisituel, mais impératif.


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