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Paradoxes of the Highest Science

Eliphas Levi


The Adventures of Sherlock Holmes

A. Conan Doyle


The Secret Doctrine, Volume II Anthropogenesis

H. P. Blavatsky


Knowledge of Higher Worlds and its Attainment

Rudolf Steiner


Les Mille et une nuits, contes arabes

by Antoine Galland

Excerpt:

Nous ne mettrons pas ici le public dans la confidence des légères infidélités que Galland a faites aux textes originaux. Le goût les lui a indiquées, et il a suivi, en cette circonstance, le précepte du législateur latin, non verbum verbo curabis reddere,'Jidus interpres. En effet, les

traductions sont de différente exécution, selon les classes de lecteurs auxquels elles s'adressent, ou la nature des ouvrages qu'elles reproduisent. Présentées aux savans, et faites dans l'intérêt de la science et des connoissances humaines, elles doivent être des copies fidèles et exactes de l'original ; ne rien ajouter à ses beautés, ne rien dissimuler ni corriger de ses défauts. Les ouvrages destinés aux Classes sont soumis à cette rigoureuse exactitude ; mais quand les livres ne sont faits que pour les gens du monde, le goût et la délicatesse de ce même public, qu'ils ont la prétention de distraire et d'amuser, doivent être consultés dans la forme qu'on leur donne ; c'est ainsi que , fidèles à la leçon donnée par Horace, tous les gens de tact en ont agi dans leurs traductions, sacrifiant bien volontiers en faveur d'un public que l'érudition effarouche, l'honneur de passer pour savans, à la condition de n'être qu'agréables. Dans les langues orientales, plusieurs hommes distingués ont donné des exemples de cette abnégation , et sans doute que la renommée assure à leurs aimables et modestes productions un souvenir aussi durable qu'à certains ouvrages revêtus de formes plus ambitieuses. Les Mille et une Nuits de Galland, les Episodes traduits de l'arabe par Savary, le charmant roman de Medptoun et de Leila, traduit du persan par M. de CheVy, resteront dans les mains des gens du monde, comme les ouvrages profonds des d'Herbelot, des Golius, des Schultens, des Sylvestre de Sacy, desRémusat, des Saint-Martin, se conserveront dans nos bibliothèques; mais ni les uns ni les autres n'auroient cette destinée, si un goût et un jugement éclairés n'avoient imprimé à chacun d'eux le caractère qui lui est propre.

C'est donc d'après ces idées, que nous avons publié notre édition sans la surcharger de notes, de détails et d'observations qui auroient été assez indifférens à la généralité des lecteurs. Un orientaliste distingué, qui a donné en i806 une édition in-i8 des Mille et une Nuits, épuisée aujourd'hui, pensoit comme nous à cet égard, et il n'a paru attacher aucune importance aux notes dont les Mille et une Nuits sont accompagnées. Comme nous, il en a puisé la plupart dans d'Herbelot et d'autres écrivains anciens, et le public a su gré à M. Caussin de Perceval de la discrétion et de la modestie dont il faisoit preuve en cette circonstance où il pouvoit faire briller la profonde érudition qu'il possède.

On a fait justice en effet depuis long-temps de cette manie ou de cette prétention de clouer des notes et des commentaires au moindre ouvrage réimprimé. Le spirituel Rivarol, en comparant les commentateurs aux douaniers qui mettent des cachets de plomb sur des gazes d'Italie, a donné une image juste du travail de tel et tel éditeur, et fait pour toujours le procès à ces petites usurpations littéraires qui tendent à mettre sur une même ligne, l'auteur mort depuis cent ans, et l'éditeur au mérite facile qui le reproduit. L'espèce de charlatanisme dont plusieurs auteurs se sont rendus coupables à ce sujet, est d'autant plus ridicule, qu'il se découvre plus aisément à l'œil le moins exercé. Qu'y a-t-il de plus facile que de citer un historien, un géographe, de faire tomber, même dans une préface, une phrase angloise, un commentaire allemand, trois mots écrits en grec, ou lithographies en russe, quand on s'occupe d'un ouvrage traduit et connu dans plusieurs langues ? Quel intérêt cela présente-t-il au commun des lecteurs, et quel fruit en retirera l'homme qui, livré aux mêmes études, connoît les mêmes sources et les mêmes élémens de travail ?

Nous avons, il nous semble, assez expliqué notre pensée pour qu'on ne se méprenne pas sur elle, et qu'on ne nous suppose pas l'intention d'avoir voulu avancer un paradoxe sur les traductions. Nous croyons nous rencontrer avec des idées reçues; et en faisant la part des sacrifîces que l'on doit au public, nous n'avons pas prétendu établir un système que l'on combattrait trop facilement, si on vouloit l'étendre aux ouvrages d'un ordre relevé et qui intéressent les sciences , l'histoire ou la haute littérature. Nous n'appliquons ce que nous venons de dire qu'aux ouvrages de littérature légère, qu'aux productions de pur agrément, où l'érudition est du luxe, quand elle n'est pas de la prétention. C'est par cette raison que nous avons été extrêmement avares de notes et d'éclaircissemens, toutes les fois que nous avons cru que l'intelligence du lecteur pouvoit suppléer aux choses embarrassantes du texte. L'Orient est fort connu aujourd'hui : nul pays n'a été plus exploré par les voyageurs européens, et depuis l'expédition des François en Egypte surtout, les Arabes , les Persans et les Turcs, nous sont aussi familiers, sous le rapport des mœurs, des usages et des coutumes, que les peuples du continent. Aussi, notre travail s'est borné à donner l'explication des mots orientaux naturalisés dans la traduction, toutes les fois que ces mots désignent un emploi, une profession, une dignité, une qualité bonne ou mauvaise ", ou à donner sur 1 Les noms propres, par exemple, sont presque toujours des mots composés qui expriment une qualité de l'individu qui le porte. Les poètes et même les historiens une tradition, une coutume ou un trait historique qui se trouvent cités, les renseignemens nécessaires à l'intelligence du texte. Nous n'avons fait aucun changement au style, par les motifs que notre judicieux collaborateur, M. Nodier, a fait sentir dans le jugement qu'il a porté sur Galland, et c'est même avec la plus grande réserve que nous nous sommes permis quelquefois de substituer à l'emploi de particules ou périphrases dont l'usage n'est plus admis, des expressions plus modernes; nous avons eu le même respect pour l'orthographe employée par le traducteur à l'égard des noms orientaux, persuadés qu'il est impossible d'en créer une qui rende exacte et facile la prononciation de sons qui n'ont pas leurs analogues en françois. Le système suivi par plusieurs orientalistes à cet égard, nous a toujours paru débile, quelque ingénieuses qu'aient pu être les combinaisons des lettres à l'aide desquelles ils aient voulu, à l'exemple de Volney, exprimer les lettres arabes en caractères françois. On a beau écrire calife ainsi, khaljfe, les deux lettres kh ne rendent pas le son de la lettre arabe qui commence ce mot, et que l'on ne peut bien imiter qu'après l'avoir entendu prononcer à des naturels; c'est le % des anciens Grecs, tel qu'ils le prononçoient et qu'on le prononce encore à Athènes; c'est le ch des Allemands (buch, un livre), ou le jota des Espagnols, qu'il est impossible de peindre en lettres francoises, et cette orthographe ne sert qu'à rendre l'aspect de ce mot plus étranger. Les deux hh réunies, que l'on croit devoir aussi employer dans des mots arabes, ont pour objet de peindre un son inconnu à nos oreilles, et difficile pour nos organes ; c'est une aspiration sèche et prolongée, dont on ne peut se faire une idée qu'en donnant au mot haïr une aspiration beaucoup plus forte et plus dure que celle qui lui est propre dans la bonne prononciation. Vingt autres exemples ne nous manqueroient pas pour prouver qu'on doit renoncer à une orthographe impuissante, et ne pas changer la physionomie des mots que depuis la tragédie de Bajazet la littérature francoise a adoptés. Pour nous, nous serons fidèles au sysviij AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS, tème suivi par Galland, non seulement dans tout ce qui lui appartient dans cette édition, mais même dans le volume supplémentaire qui la terminera, et dont les imperfections ou les foibles qualités seront en partie notre ouvrage.


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