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Les contes de fées

by Leprince de Beaumont (Jeanne-Marie, Madame)

Excerpt:

Epinal ne travaille plus que pour les chaumières de l'Alsace, et presque tous ses arlistes sont employés au chemin de fer. Aujourd'hui, Paris illustre les contes de fées et traite les enfants en hommes. C'est Gavarni qui dessine les traits des princes beaux comme le jour, et,de ces heureuses jeunes filles dont le berceau était visité par des fées protectrices. Le crayon de Gavarni est lui-même un don de fée; ce grand artiste a été comblé de faveurs par trois marraines : la Poésie, le Caprice et l'Imagination; son parrain fut le démon familier qu'on appelle l'Esprit; son atelier 'est vaste comme le Cirque pyrénéen qui porte son nom. Aussi, la source de ses créations est inépuisable; il a écrit cent comédies au crayon; il a dessiné des satires joyeuses; il a buriné des types originaux: il a égayé, il a ému, il a ravi toute une génération, et aujourd'hui, après avoir récréé ou instruit les hommes, il fait venir à lui les enfants et leur distribue les joujoux de l'esprit, de la grâce et du cœur.

Enfin, le livre de Madame de Beaumont a trouvé son digne imagier; il va donc recommencer sa popularité universelle avec un nouveau collaborateur. Le texte marchera auprès d'un crayon digne de lui. L'enfant verra vivre les héros et les héroïnes des contes, dans des portraits, cette fois ressemblants. Les types de ses affections ne seront pas défigurés; il pourra donc sourire à ses premiers amis. Chose singulière! nous adorons l'idéal en entrant dans la vie, nous, destinés à nous débattre dans les réalités matérielles et le fracas bourgeois des cités. Il semble qu'un vague instinct nous entraîne dans la région des mensonges riants, à l'heure où des vérités trop noires vont nous être révélées. C'est toujours, du moins, un dédommagement que nous nous donnons à notre insu au sortir du berceau; autant de gagné sur l'avenir. En ces beaux jours de candeur primitive, sommes-nous heureux de croire à l'incroyable, de vivre dans un monde imaginaire, d'assister à des événements miraculeux, tous arrivés! Les grandes questions qui agitent la terre, les différends qui troublent les royaumes, les bruits qui éclatent sur la place publique sont choses nulles pour les fortunés enfants. Trop tôt viendra le jour où, chaque malin, un journal doit leur mettre les affaires du monde sur les bras. Divin privilège attaché à l'aube de la vie ! Une sérénité douce règne sous les lambris maternels; on n'entend pas les murmures du dehors; on ne comprend pas la langue des hommes graves qui causent autour d'une table ou devant le foyer. La vie véritable, la vie enfantine n'est pas là, elle est dans le monde des fées; un beau jardin semé de fleurs, baigné d'eaux vives, retentissant de chants d'oiseaux; là, de belles jeunes filles, qui ont eu la bonté du cœur, laissent tomber de leurs lèvres des chapelets de pierreries; là, tous les princes sont charmants, toutes les princesses adorables, tous leurs peuples heureux; là, toutes les vertus sont récompensées sur l'heure par des dons sans prix; tous les vices trouvent leur punition sans passer devant un tribunal; c'est toujours une fée qui couronne les bonnes actions, punit les mauvaises; elle juge et ne commet jamais d'erreur; elle est l'ange tutélaire des enfants sages et la providence visible qui représente Dieu.

Ils ont raison, les enfants, ils voient la vie telle que les hommes devraient la faire ; ils ont tous leur paradis terrestre au sein de leur famille; ils ne portent envie à personne, ils ne convoitent rien; la caresse d'une mère les rend joyeux, c'est la bonne fée de la maison; leurs nuits n'ont pas de rêves, leurs jours ont des rêves d'or.

L'homme est si envieux du bonheur de l'enfant, qu'il va chercher dans le domaine puéril les contes de fées pour se distraire de ses ennuis. Ah! vous croyez, mes jeunes amis, que la Belle et la Bête soit votre propriété exclusive? Détrompez-vous; les vieux enfants, vos pères, vous l'arracheront des mains, et, enlevant au conte sa naïveté primitive, son doux parfum de féerie, ils le changeront en opéra-comique pour les besoins des habitués du théâtre Feydeau. C'est indigne cela, mes jeunes amis! Vous ne prenez pas, vous, à vos pères et à vos oncles leurs chevaux de course, leurs chiens de chasse, leurs loges de théâtre pour vous amuser. De quel droit vous enlèvent-ils votre bien? et pourquoi le dénaturent-ils? Votre conte, tel que Madame de Beaumont vous l'avait donné, avait un charme exquis dans sa prose si naturelle. Savezvous ce que les hommes ont fait? ils ont ajouté au conte un certain Ali, plus bête que la bête, et lorsque son maître Sander le réveille, en lui chantant:

Tu dormiras mieux à ton aise,
Quand tu seras rendu chez moi,

Ali lui répond:

On dort fort bien sur une chaise;
On est ici comme chez soi.


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