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Pensées de Pascal

by Blaise Pascal

Excerpt:

Toricelli joignoit à de profondes connoissinces en Géométrie, lé génie de l'obfervation dans les matieres de Physique. 1l soupçonna que la pesanteur de l'eau étoit un des éléments d'où dépendoit son élévation dans les pompes, & qu'un fluide plus pesant s'y tiendroit plus bas. Cette idée, qui nous paroît aujourd'hui si simple, fut alors la vraie clef du problême. II ne s'agislbit plus que de la soumettre à l'expérience. C'est ce que l'Auteur fit de plusieurs manieres, en substituant à l'eau, le mercure, qui pese quatorze fois davantage. Toutes ces expériences se réduisent dans le fond à celle du Barometre ordinaire, dont elles font en effet le principe. Elles firent voir unanimement que dans un tube vertical, fermé par son extrémité supérieure, & vuide d'air, le mercure se soutient à une hauteur, qui est la quatorzième partie de celle de l'eau dans les pompes. D'où. Toricelli conclut que deux colonnes , l'une de mercure, l'autre d'eau, ainsi suf

b pendues, pendues, devoient exercer des pressions égales fur une même base. Or des pressions égales ne peuvent être contre-balancées que par des forces égales. Donc, ajouta Toricelli, le mercure &: l'eau s'élevent dans le vuide, en vertu d'une feule & même cause, toujours présente & toujours active : nouvelle réflexion très-importante. Mais quelle peut être la nature de cette cause ì Voilà le point capital de la question. Toricelli, instruit par Galilée, que l'air est un fluide pesant, crut & publia, en 1645, que la cause cherchée n'étoit autre que la pesanteur de l'air. II mourut peu de temps après, fans emporter, ou du moins fans laisser la certitude absolue que son opinion étoit réellement le secret de la Nature.

Aussi cette explication n'eut-elle d'abord qu'un succès médiocre parmi les Savants. Le système de l'horreur du vuide étoit trop accrédité, pour céder ainsi sans résistance la place à une vérité qui, après tout, ne sc présentoit pas encore avec ce dégré d'évidence propre à frapper tous les yeux, & à réunir tous les suffrages. On trouva moyen d'expliquer les expériences des pompes & du tube de Toricelli, en faisant évaporer de la colonne d'eau ou de mercure,

une \itve matiere subtile, des esprits aériens, qui iétabnffoient le plein dans la partie supérieure , Sc ne laissoient à l'horreur du vuide que l'activité suffisante pour soutenir la colonne.

Pascal, qui dans ce temps-là étoit à Rouen, ayant appris du P. Merscnnc le détail des expériences dont je viens de parler, les répéta, en 1646, avec M. Petit, Intendant des Fortifications, & trouva de point en point les mêmes résultats qui avoient été mandés d'Italie, fans y remarquer d'ailleurs rien de nouveau. II ne connoistoit pas encore alors l'explication de Toricelli. En réfléchissant simplement sur les conséquences immédiates des faits, il vit que la maxime admise par-tout, que la Nature ne souffre pas le vuide , navoit aucun fondement solide. Néanmoins, avant que de la proscrire entiérement , il crut devoir faire de nouvelles expériences, plus en grand, plus concluantes que celles d'Italie. II y employa des tuyaux de verre qui avoient jusqu'à cinquante pieds de hauteur, afin de présenter à l'eau un long espace à parcourir, de pouvoir incliner les tuyaux, & d'observer dans tous les cas le mouvement du fluide. D'après ses propres observations, il conclut que

b z la la partie supérieure des tuyaux ne contient point un air pareil à celui qui les environne en dehors, ni aucune portion d'eau ou de mercure, ôc qu'elle est entiérement vuide de toutes les matieres que nous connoissons & qui tombent sous nos sens; que tous les corps ont de la répugnance à se séparer l'un de l'autre, mais que cette répugnance, ou, si l'on aime mieux l'expreísion ordinaire, l'horreur de la Nature pour le vuide, n'est pas plus forte pour un grand vuide que pour un petit; qu'elle a une mesure bornée &s équivalente au poids d'une colonne d'eau de trente-deux pieds de hauteur; que, passé cette limite, on formera au-dessus de l'eau Un vuide grand ou petit avec la même far cilité, pourvu qu'aucun obstacle étranger ne s'y oppose, &c. On trouve ces premieres expériences & ces premieres vues de Pascal sur le sujet en question, dans un petit Livre qu'il publia en 1647, fous ce titre : Expériences nouvelles touchant le vuide 3 &c.

Cet Ouvrage fut vivement attaqué par plusieurs Auteurs, entr'autres par le P. Noël, Jésuite, Recteur du College de Paris. Toute la mauvaise Physique du temps s'arma pour expliquer des expériences qui la gênoient, & qu'elle ne pouvoit nier. Pascal détruisit


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