Un poète latin du XIe siècle
by Henri Pasquier
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Excerpt:
Introduction. — Écoles épiscopales. — Leurs progrès au xi° siècle. — Portrait de Baudri. — Sa naissance, sa patrie, son nom, sa famille.
— Ses premières études à Meung-sur-Loire. — Fondation de cette école. — Son premier maître, Hubert. — Les études de grammaire dans le diocèse d'Orléans, en particulier à Meung. — Baudri dans l'école d'Angers. — Rôle politique de l'Anjou au moyen âge. — État des belles-lettres au xi8 siècle, à la cour des comtes d'Anjou et dans l'école épiscopale. — Études et règlements de cette école au xi° siècle.
— Les maîtres de Baudri : Rainaud, Bérenger, Frodon, Marbœuf. — Portrait de Baudri clerc écolier.
Quand on étudie l'histoire civile du moyen âge, on ne voit que violences, batailles ou conquêtes, des hommes qui n'ont de foi que dans la force et qui décident de la justice elle-même par la bravoure ou l'audace. Parcourt-on ensuite l'histoire littéraire, on est tout étonné de voir comme un nouveau monde, qui vit dans le calme de la religion et des études, qui ne connaît que les exercices pacifiques de l'éloquence et de la poésie. Ce sont comme deux sociétés, de mœurs, d'habitudes d'esprit si différentes qu'on les dirait complétement étrangères l'une à l'autre. L'une prie et étudie; l'autre s'agite et livre des batailles. -L'une est née des invasions barbares, elle en porte les défauts, elle en conserve les habitudes violentes; l'autre est née des écoles épiscopales et monastiques, elle alimente les évêchés et les cloîtres.
L'Eglise, qui a été établie par Jésus-Christ pour convertir le monde à la justice, à la vérité, s'est faite l'institutrice des peuples, à qui elle annonçait l'Evangile, parce qu'elle avait appris de son divin fondateur qu'une idée est plus forte que les armes pour faire la conquête du monde. Les évêques se firent les instituteurs des clercs qu'ils préparaient aux saints ordres et, recueillant l'héritage des derniers rhéteurs païens, fondèrent des écoles, d'abord dans leur maison, puis dans le cloître de leur cathédrale ou dans le voisinage de leur chapitre. Nous trouvons dans les décrets de différents conciles que la maison de l'évêque devait être l'école des prêtres, des diacres et des plus jeunes clercs. La maison de chaque clerc était une école ouverte à tous, même aux serfs et aux pâtres. Il y avait ainsi un double enseignement : les écoles rurales ou presbytériennes et les écoles épiscopales. Les monastères renfermaient ce double enseignement et le portaient à sa perfection.
Les écoles épiscopales, qui subsistent à travers tout le moyen âge, dans des alternatives de décadence et de prospérité, jusqu'à ce qu'elles s'épanouissent dans la brillante floraison des Universités du xm° siècle, ont gardé, avec les traditions de piété et de science ecclésiastique, les enseignements des derniers rhéteurs latins. Saint Grégoire avait fait à Rome comme un temple de la sagesse universelle, élevé sur les colonnes des sept arts'. Pendant plus de douze siècles, le programme d'enseignement tracé par le rhéteur africain du ve siècle, Martianus Capella, fit la base des études cléricales. Les évêques mêlant les deux antiquités, païenne et ecclésiastique, enseignaient à la jeunesse de leurs écoles les poètes et les orateurs latins, en même temps que l'Ecriture Sainte, les cérémonies et le chant liturgique. Saint Hilaire avait fondé à Poitiers une école sur le plan des Institutions de Quintilien, son auteur favori. Après les premières stations du trivium, la grammaire, la dialectique et la rhétorique, les élèves parcouraient le quadrivium qui comprenait l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique.
Au vie et au vu6 siècle, nous voyons beaucoup d'évêques diriger eux-mêmes leur école et donner à leurs jeunes clercs, avec les habitudes ecclésiastiques, l'enseignement des lettres profanes. A la fin du vie siècle, les parents de saint Maimbœuf le placèrent à l'école épiscopale d'Angers sous la conduite de l'illustre saint Lézin, qui avait donné aux sciences sacrées une grande impulsion.






